Transition écologique : pas d’accélération durable sans lien social

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Pour optimiser la gestion des déchets, miser sur la technologie sans intégrer la main de l’homme au coeur du dispositif est une impasse. Car c’est avant tout le geste de tri qui détermine l’efficacité du système de recyclage. Un geste, si simple en apparence, mais qui fait toute la différence dans la création des liens sociaux qui nous unissent.

 

Pas une semaine ne passe sans que l’on vante les bienfaits des GreenTechs au sein des Smart Cities. Ces nouvelles technologies vertes, dotées d’intelligence artificielle (IA) et de Big data qui se lancent dans la gestion des déchets, la réduction des gaz à effet de serre et la lutte contre le réchauffement climatique. Cependant, la technologie ne peut s’envisager comme la seule solution pérenne, l’humain a un rôle central et majeur à jouer pour remplir l’objectif de taille qui l’attend : le recyclage de 100% des plastiques… pour 2025 !

 

De l’engagement humain comme planche de salut

 

Au-delà des outils technologiques, le geste de tri directement effectué par le consommateur demeure la clef de voûte de tout dispositif de recyclage. Aucune politique publique sérieuse ne peut ignorer cet état de fait. Il faut de ce point de vue saluer les avancées de la dernière feuille de route pour une économie circulaire. Mais la route, rappelons-le, est encore longue : en France, on ne dépense qu’une vingtaine d’euros par an et par habitant pour le recyclage. Depuis des années, le taux de recyclage des plastiques stagne à moins de 25%, avec de forte disparités territoriales (les métropoles les plus denses faisant trop souvent figure de mauvais élèves !). Or, compter sur les hommes et les femmes qui peuplent nos villes, cela ne demande pas d’investissements massifs, mais c’est surtout incroyablement efficace.

 

Plus les consommateurs s’engagent, plus les efforts seront conséquents. Faire plus, c’est recevoir plus. Parier sur l’humain, c’est tout simplement plus efficace sur le plan environnemental. Mais cela permet de surcroît de générer des bénéfices sociaux pour tous à des échelles multiples.

 

Un geste, trois conséquences

 

Les externalités positives du tri se constatent ainsi sur trois plans : individuel, local, et national.

 

Sur le plan individuel, le geste de tri fait du consommateur un acteur de lui même. Car oui, trier ses déchets engage l’individu dans un acte quotidien qui fait sens et qui le valorise. Il développe l’estime de soi, confère à l’individu un sentiment de déculpabilisation et procure la sensation d’œuvrer pour le bien. En quelque sorte, il se transforme en héros du quotidien. Et quoiqu’on en dise, le monde a aujourd’hui résolument besoin de héros.

 

Sur le plan territorial, trier ses déchets est une initiative qui a des conséquences sur la vie de quartier en améliorant la propreté urbaine. En rendant la voie publique des villes indéniablement plus saine. En renforçant encore, le sentiment d’appartenance des habitants pour leur territoire. En retissant enfin du lien social dans une géographie urbaine toujours plus fragmentée par la métropolisation et la mondialisation. Être acteur de soi même, c’est donc s’engager socialement.

 

Sur le plan national, trier c’est tenter de valoriser une économie plus circulaire. Plus le tri est mené à l’échelle individuelle et territoriale, plus il incite l’Etat à mettre en place des mesures gouvernementales positives. En somme : opérer une révolution tranquille où les citoyens se retroussent les manches.

 

Alors ? On s’y met ?

 

Le plus grand défi du réchauffement climatique réside dans la capacité qu’aura l’homme à pouvoir se mobiliser face à lui.Et l’engagement humain sera la clé de voûte des problématiques écologiques. Non pas celui d’une écologie idéologique dont les excès de moralisation depuis les années 1970 n’ont fait que freiner l’action. Ou bien dans le solutionnisme technologique qui en vient à oublier l’humain dans son sillage.

 

Au contraire en s’engageant dans une écologie pragmatique et efficace qui rassemble et mobilise autour d’un geste humain simple. Car, le tri nous sort de l’état passif qui consiste à observer le monde se dégrader. Il est l’occasion d’un réveil éthique des consommateurs qui deviennent des acteurs à 4 visages : acteur de soi, acteur urbain, acteur national et acteur écologique. Mais, encore faut-il optimiser ce geste pour créer les ressorts d’une dynamique de mobilisation générale. La morale de l’histoire est simple : un acte individuel engagé est un acte aux conséquences collectives qui engage les nations pour préserver la planète. Les petits gestes font les grands accomplissements.

Publié le 17 juin 2018 par Eric Brac de la Perrière, fondateur de Yoyo.

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