Pourquoi si peu de déchets sont recyclés ?

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L’Europe s’est fixé un cap ambitieux : recycler 50% des déchets ménagers d’ici 2020. La plupart des pays font de vrai progrès en la matière. La France, elle, a déjà dépassé les 40%.
On peut s’en féliciter. Mais on peut aussi voir “le verre à moitié vide”, et se poser une autre question : finalement, pourquoi recycle-t-on si peu, et qu’est ce qui nous empêche d’atteindre les 100% ?

 

CERTAINES PERSONNES NE TRIENT PAS DU TOUT

 

Globalement, les français reconnaissent l’importance du tri sélectif. Mais cela ne les empêche pas, pour moitié, de ne pas trier de manière systématique (par manque de motivation, manque d’informations claires, etc.).
Mais ce n’est pas tout, car encore 10% des sondés se déclarent purement réfractaires au tri sélectif ! Il s’agit surtout des jeunes (entre 20 et 24 ans), des personnes à revenus très modestes, ou encore des habitants d’HLM.
Certaines légendes urbaines ont pu contribuer au phénomène. Qui n’a jamais entendu dire que le recyclage “ne servait à rien” car, au final, “tous les déchets étaient mélangés après la collecte” ? Ce genre de propos n’est pas rare. Heureusement, c’est faux : le bac de tri fait bien l’objet d’un ramassage séparé, par des camions spécifiques.
Mais cette légende n’est peut être pas née par hasard. Car pendant longtemps, la RATP n’a pas trié ses déchets, mélangeant toutes les poubelles au moment de la collecte. Les usagers du métro et du RER ont donc effectivement trié pour rien ! Cela reste, bien entendu, un cas isolé.

 

D’AUTRES TRIENT, MAIS FONT DES ERREURS

 

Les erreurs de tri coûtent cher. En effet, le contenu des poubelles passe en général par deux vérifications. La première est faite par les éboueurs eux-même : s’ils constatent que la poubelle contient trop de matières non-recyclables, ils ne la prendront pas. La deuxième vérification se fait au centre de tri, encore une fois sur des critères visuels ; si les agents constatent trop d’erreurs, ils pourront refuser la poubelle et l’envoyer toute entière à l’incinérateur. Dommage !
Le taux de refus dépend énormément des régions, et même, des quartiers. L’Ile-de-France, par exemple, fait figure de mauvais élève, puisqu’un quart de ses poubelles finalement refusées !

 

CERTAINS EMBALLAGES NE SONT SIMPLEMENT PAS RECYCLABLES

 

Même quand la poubelle passe les tests visuels, il est rare qu’un centre de tri soit assez performant pour traiter 100% des déchets qu’elle contient.
Si les cartons et les papiers ne posent pas de problèmes, il en va différemment des plastiques. Au final, seuls 3% des plastiques triés sont vraiment recyclés. Heureusement l’extension des consignes de tri, actuellement en phase de test sur un quart du territoire, permettra d’améliorer grandement cette contre-performance. Grâce à ce nouveau dispositif, par exemple, les pots de yaourt et le polystyrène deviennent des déchets recyclables ! Et si tout se passe bien, d’ici 2025, c’est 100% des français qui devraient avoir accès à ces centres de tri modernisés. De quoi voir le verre à moitié plein.

Publié le 7 février 2019 par Yoyo.

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