La consigne revient… vraiment ?

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Dans les années 1960, la consigne était une chose banale pour les bouteilles en verre. La vague plastique des années 1980 l’a fait disparaître petit à petit.
Morte et enterrée, la consigne ? Pas si sûr ! Le gouvernement prépare son grand retour… mais sous quelle forme, et pour quelle efficacité ?

 

Vous êtes née après 1990 ? Pas de panique, on vous explique…

 

La consigne, c’est pas sorcier.

 

Il s’agit de faire payer un petit supplément sur les bouteilles ; quand elles sont rapportées au magasin, le client récupère sa caution.
Cela peut paraître contraignant. Mais si la grande majorité des français sont convaincus de l’utilité du tri, ils sont beaucoup moins nombreux à le pratiquer systématiquement (48 %). Un système de consigne les aiderait peut-être à retrouver la motivation !
Et puis, la consigne fonctionne déjà dans d’autres pays, comme la Suède ou la Lituanie, où l’on atteint des taux de retour proche de 90%. Pourquoi pas chez nous ?

 

La consigne version française : un projet encore flou…

 

Le gouvernement a donc fait part de ses intentions. Mais concrètement, rien n’est encore certain.

La consigne devrait concerner toutes les bouteilles faites en plastique transparent ; elle pourrait éventuellement s’élargir aux cannettes. Par contre, les bouteilles en verre sont pour l’instant exclues du dispositif.

En s’inspirant du modèle allemand, les premiers rapports envisagent de créer 110 000 points de collecte dans tout le pays ; 22 000 seraient d’ailleurs des machines automatiques.
L’objectif affiché ? Recycler 100% du plastique d’ici 2025 !

 

Un projet qui fait débat

 

Bien sûr la consigne a ses défenseurs, à commencer par les français eux-même : 83% d’entre-eux se disent déjà prêts à rapporter leurs bouteilles vides s’il le fallait. Les industriels, de leur côté, se disent également favorables au projet. Ils l’ont fait savoir dans une tribune publiée dans le JDD.

 

Mais il existe aussi quelques détracteurs.
Les communes, d’abord, se plaignent d’un manque à gagner. En effet, ce sont elles qui sont chargées de collecter et de revendre le plastique recyclé. Un porte parole des Maires de France fulmine : “On est en train de donner au privé ce qui a de la valeur.”
Les acteurs traditionnels du tri sont également sceptique, car ces derniers temps, la plupart ont fait de gros investissements sur leurs centres de traitement ; privés des bouteilles plastiques, ces installations risquent de devenir surdimensionnées… et moins rentables.

 

Enfin, des voix s’élèvent pour que la consigne s’applique aux bouteilles de verre, comme cela se fait encore en Allemagne et même en Alsace ; en effet, réutiliser des bouteilles en verre est bien plus écologique que de recycler du plastique.

 

Ainsi, qu’on ait connu les années 1960 ou qu’on soit née après 1990, une seule chose est sûre : la consigne reste un grand chantier d’avenir qui devrait rassembler toutes les générations !

Publié le 19 juillet 2019 par Yoyo.
©2019 Yoyo SAS Tous droits réservés
Photos : Thomas Louapre Design : Les indiens Développement : Bigint