La 4G est-elle recyclable en 5G ?

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LA 5G ARRIVE ! Ou plutôt devrait-on dire : la 5G descend sur terre comme un archange… Certains lui attribuent des merveilles, d’autres estiment qu’elle signe la fin des temps. Au delà de ces positions extrêmes, le déploiement d’un nouveau réseau mobile pose bien des questions d’ordre écologique. Elle interroge notre rapport au monde et à ses ressources. Alors, la 5G : divine ou dangereuse ?

 

Le point de vue des adorateurs.

La 5G doit débarquer en France en 2020. Ses promesses ?
Une connexion au moins 10 fois plus rapide que la 4G. Ce serait, en gros, l’équivalent d’une connection via la fibre… mais sans fil. Un tel réseau serait très utile à la télémédecine, la logistique aérienne et maritime, et serait même indispensable pour que la voiture autonome atteigne son plein potentiel (les véhicules communiqueraient alors en temps réel avec les uns avec les autres, ainsi qu’avec les feux de signalisation).

Les instituts économiques les plus optimistes estiment que d’ici 2025, la 5G devrait générer 12,3 trillions de dollars et 22 millions d’emplois à l’échelle globale. Mais alors, quel est le problème ?

 

Le point de vue des détracteurs.

La 4G n’est pas recyclable. Elle ira directement à la poubelle. Et ce n’est pas rien, le réseau 4G. Il se déploie sur toute la planète. Il faudra donc une très grosse poubelle.

C’est en gros ce que dénonce Aurélien Barrau, astrophysicien – mais aussi, depuis peu, écologiste médiatique.
Il n’y va pas par quatre chemins : pour lui, “la 5G tue”
.
En effet, pour la déployer, il faudra détruire les anciennes antennes, en construire de nouvelles, et surtout, les alimenter en énergie (pour les opérateurs, la 5G devrait augmenter la consommation de 150 à 170%). De plus, tous les particuliers seront contraints de changer leurs téléphones – c’est à dire, de mettre à la poubelle des milliards d’appareils encore en état de fonctionner…

 

Perspective peu réjouissante.
Les scientifiques se sont emparés du sujet ; les populations aussi.
Inquiets des enjeux environnementaux, mais aussi des potentiels effets de la 5G sur la santé, les Suisses ont organisé la première manifestation nationale contre la 5G. D’autres suivront-elles ?

En tous cas, pas de quoi stopper le déploiement du nouveau réseau pour le moment. Malgré tout, ces protestations soulèvent des questions vertigineuses…

 

Philosophie de la 5G – et de tout le reste.

Finalement tout le débat se réduit à une question simple : à quoi sert la 5G ?
Pour Aurélien Barrau, la 5G n’apporte que du confort, dans la mesure où la 4G suffit largement aux besoins de la population.
Ainsi parle-t-il d’hubris – une notion grecque, plus ou moins synonyme de “démesure”. Cet hubris nous conduirait à vouloir toujours plus : plus de confort, plus de rapidité, plus de profit… Au détriment des écosystèmes, qui ne peuvent souffrir indéfiniment du “toujours plus” (la planète n’a rien d’infinie).

D’ailleurs le président Trump, engagé dans une guerre technologique contre la Chine, parle déjà du passage à la 6G. Rien ne s’oppose, théoriquement, au déploiement d’une 7G, d’une 8G, et ainsi de suite…

ALORS, STOP OU ENCORE ?

Publié le 21 juin 2019 par Yoyo.
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Photos : Thomas Louapre Design : Les indiens Développement : Bigint