Biodéchets : votre poubelle contient de l’or ! ?

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Les biodéchets, ce sont les matières organiques que l’on jette. En gros : les restes de cuisine (épluchures, croûtes de pizza, croûtes de quiche au saumon, croûtes de tarte aux pommes, etc.), mais aussi les déchets verts du jardin (gazon tondu, feuilles mortes, branches, etc.).
Et ce n’est pas rien, les biodéchets ! Ils représentent presque un tiers de nos poubelles, soit 18 millions de tonnes chaque année en France.
Mais bonne nouvelle : ils sont facilement et entièrement valorisables.

 

POURQUOI TRIER SES BIODÉCHETS ?

Quand ils sont jetés dans la poubelle “ordinaire”, les biodéchets sont soit incinérés (un énorme gâchis), soit enfouis, ce qui pose des problèmes encore plus graves… En effet, les matières organiques vont se décomposer dans le sol et rejeter du méthane, un gaz polluant dont le pouvoir de réchauffement global est 25 fois plus important que celui du C02.

Et ce n’est pas tout ! Les déchets organiques vont interagir avec les autres déchets, ainsi qu’avec les eaux de pluie, produisant un liquide chargé d’ammoniaque, de carbone dissous, de métaux lourds et autres polluants ; ce liquide contaminera les sols et les nappes phréatiques. Pour information, ce “jus de déchetterie” porte un nom : c’est le lixiviat. Bon appétit !

 

QUAND UNE COLLECTE SÉPARÉE EST MISE EN PLACE.

Les pouvoirs publics ont compris le potentiel des biodéchets. Depuis 2016, déjà, tous les gros producteurs (restaurants, hypermarchés, écoles, etc.) ont l’obligation de les trier. Pour eux, une collecte séparée est mise en place.
Pour les particuliers, c’est moins avancé. Mais la loi doit rendre obligatoire le tri des biodéchets pour 2025. Certaines villes, heureusement, ont pris de l’avance. C’est notamment le cas à Lorient, comme dans le douzième et le deuxième arrondissement de Paris, où de nouvelles poubelles spécifiques font l’objet d’une collecte séparée.

Dans ce cas, les biodéchets pourront être valorisés de deux manières :
Le compostage centralisé.
Le principe est le même que pour le compostage individuel. Seulement, le composteur est (beaucoup) plus grand. Surtout, on y mélange d’autres déchets organiques, comme les boues issues des stations d’épuration ou le fumier d’origine agricole. Le compost obtenu sera ensuite vendu à l’industrie.

La méthanisation.
Les déchets sont mélangés dans une grande cuve sans oxygène (en acier ou en béton), puis ils fermentent, et la température augmente. La putréfaction des matières organiques va produire du méthane que l’on pourra facilement récupérer. Celui-ci peut servir de carburant, ou bien être transformé en chaleur, ou en électricité. Ce processus peut durer de vingt à soixante jours. Reste alors, au fond de la cuve, une substance appelée “digestat” qui peut également servir d’engrais agricole.

 

VALORISER LES BIODÉCHETS À LA MAISON.

Les biodéchets sont tellement faciles à valoriser que vous pouvez le faire tout seul, chez vous, même si aucune collecte séparée n’est mise en place dans votre ville !
Par exemple, si vous avez la chance d’avoir un jardin, le compostage semble tout indiqué. En quelques jours, vos biodéchets se transformeront en engrais pour vos arbres, vos plantes et votre potager ! Attention tout de même : le compostage, c’est tout un art. On vous conseille d’en apprendre les grands principes avant de vous lancer, par exemple sur compostage.info.

Si vous vivez en appartement, pas de soucis, il y a d’autres solutions. Vous pouvez par exemple convaincre les copropriétaires ou les voisins du quartier, et vous lancer dans une oeuvre de compostage collectif. Ce n’est pas rare ; des exemples existent à Paris, Nantes, Toulouse, etc.
Par ailleurs, le lombricompostage pourra vous intéresser. Il s’agit de donner les restes de repas à des lombrics ; les lombrics mangent les déchets et les transforment en engrais de très bonne qualité. C’est l’idéal pour vos plantes en pots ! Le lombricomposteur ressemble à une simple boîte en plastique ; il ne sent rien, exige peu d’entretien, et peut transformer 1,5 kg de déchets en 24 heures (même si, bien sûr, tout dépend du volume du lombricomposteur).

Enfin, il faut noter qu’une bonne partie de nos biodéchets… N’auraient simplement pas dû finir à la poubelle ! En France, le gaspillage alimentaire représenterait jusqu’à 29 kilos par an et par habitant.
Alors hop ! On peut aller chercher les restes de commerçants sur l’application Too Good To Go. Ou alors on se met à la congélation, on cuisine les restes, et surtout, on mange les croûtes de quiche au saumon.

Publié le 28 mars 2019 par Yoyo.
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Photos : Thomas Louapre Design : Les indiens Développement : Bigint